lundi 14 novembre 2016

L'entrainement des pilotes de chasse

Les règles d’entraînement sont expliquées avant chaque mission, et les stagiaires doivent s’y conformer rigoureusement. La non-observation de ces règles risque, tout dépendant de la gravité de l’infraction, d’entraîner l’échec de la mission, ce qui vaut beaucoup mieux que l’autre possibilité : une collision en vol, une quasi-collision ou une fausse manoeuvre aboutissant à l’écrasement au sol. Bref, pas d’impairs stupides : dans ce domaine d’activité, les erreurs tuent. Comme si les MBC n’étaient pas assez dynamiques, ajoutons maintenant un troisième avion – le chef d’escadrille – au scénario. Pendant la sous-étape des MCA, les stagiaires apprennent à combattre un seul adversaire au sein d’un élément de deux avions. Ce dernier semble avoir un énorme avantage, mais l’exercice commence alors que l’élément est sur la défensive et que l’avion ennemi profite d’un avantage certain quant à la position et à l’altitude. Les stagiaires doivent apprendre à réagir judicieusement, à harmoniser leurs actions et à communiquer avec leur chef, à manoeuvrer leur avion par rapport à un adversaire menaçant et à employer des armes simulées pour « descendre » l’avion ennemi (bien sûr, il s’agit d’une simulation assujettie à des critères très précis). C’est en général pendant la sous-étape des MCA que la majorité des stagiaires commencent à éprouver les plus grandes difficultés pendant le cours. Très peu franchissent ce stade indemnes, sans au moins une marque rouge (performance inférieure au niveau requis), ou pire, un rapport INSAT [mission insatisfaisante (échec)]). Échouer à des missions, voilà qui risque de devenir le pire cauchemar du stagiaire. Ne pas réussir à une mission, c’est certes important, mais ce n’est pas la fin du monde. Chaque échec attire sur le stagiaire concerné une attention spéciale – un examen attentif de la part des officiers des normes et de l’instruction – et un examen indépendant au cours duquel on analyse le rendement qu’il a fourni par depuis le début du cours. Comme dans le cas de n’importe quel autre cours militaire, il y a des limites quant au temps dont un stagiaire dispose pour se corriger et réussir. On lui accorde un nombre limité de tentatives et d’heures de vol pour satisfaire à la norme. Dans le cas du CPC, l’échec à deux missions consécutives prévues au programme entraîne la convocation d’un comité d’évaluation des progrès (CEP). Cela vaut au stagiaire encore plus d’attention qu’il n’en veut et une analyse plus approfondie visant à établir s’il satisfait toujours à la norme fixée dans les courts délais d’instruction prévus. Dans certains cas, le CEP recommande que le stagiaire poursuive le cours, mais en recevant une instruction de rattrapage limitée, mais dans la majorité des cas, quand un dossier est rendu devant le CEP, l’entraînement supplémentaire a déjà eu lieu, et le comité n’a d’autre choix que de recommander la cessation définitive de l’entraînement pour le stagiaire en question. Il s’agit d’un aspect de mon travail que je n’aime VRAIMENT PAS. Apprendre à un stagiaire que son rêve de devenir pilote d’un chasseur CF18 est désormais terminé et lire la déception dans son regard constituent de loin la pire fonction d’un instructeur. Tout instructeur qui prend plaisir, ne serait-ce qu’un peu, à dire à un stagiaire qu’il a échoué, qu’il s’agisse d’une séquence d’un vol, d’une mission prévue au programme ou du cours même, n’est pas digne d’occuper son poste, quel qu’en soit le niveau. Je me rappelle régulièrement l’état d’esprit dans lequel j’étais quand je suivais ce cours et les sentiments que suscitait en moi l’attitude que les PI, bons ou mauvais, avaient à mon égard. Je m’astreins à cette réflexion chaque jour, car cela m’aide à devenir un meilleur instructeur au 410e Esc, et j’essaie, par mon exemple, d’inciter les autres PI à faire de même. Lire la suite sur Avion de Chasse.

jeudi 25 août 2016

La promesse d'une énergie propre

Angela Merkel a inauguré le stellarator Wendelstein 7-X, mercredi 3 février, ce qui pourrait être une révolution dans le domaine de l'énergie. Derrière ce nom barbare se cache un mini-soleil, ou en tout cas sa promesse: le Graal d'une énergie propre et quasiment infinie, la fusion nucléaire. À ces mots, vous pouvez avoir deux réactions: retenir votre souffle pour en savoir plus ou le laisser sortir dans un grand soupir, accompagné d'un "revoilà l'arlésienne". Car si la promesse d'une électricité illimitée et très peu polluante peut faire rêver, elle ne date pas d'hier. Plus précisément, les recherches d'une possible fusion nucléaire ont commencé dans les années 50. Depuis, un énorme complexe, nommé Iter, censé tester cette nouvelle source d'énergie a même été installé dans le sud de la France. Et depuis quelques années, les articles à son propos font surtout état de retards et d'augmentation des coûts. Oui, mais les choses bougent. Et le cousin allemand d'Iter pourrait bien changer la donne. De plus, ces dernières années, plusieurs concurrents, y compris des entreprises privées, ont annoncé avoir réalisé d'importantes découvertes dans le domaine. Alors, la fusion nucléaire et son énergie illimitée nous tend-elle les bras? Avant de faire la distinction entre les différents concurrents, il convient de comprendre de quoi il est question (si vous connaissez bien le sujet, vous pouvez passer à la partie suivante). Nos réacteurs nucléaires actuels fonctionnent par fission. On prend de très gros atomes, comme l'uranium, et on va casser son noyau pour le diviser en deux atomes plus petits. Avec la fusion, c'est l'inverse. On va prendre deux atomes d'hydrogène, le plus petit possible, et les faire fusionner. Dans les deux cas, de l'énergie est libérée à ce moment. "Mais casser un noyau, c'est facile, les faire fusionner, c'est beaucoup plus compliqué", explique au HuffPost Bernard Saoutic, ingénieur au CEA et ayant travaillé sur des éléments d'Iter. Car les deux atomes se repoussent fortement. "Pour les rapprocher, il faut beaucoup de vitesse, pour compenser le freinage de la répulsion électrostatique. Et pour ça, il faut augmenter la température", précise-t-il. À vrai dire, pour créer la réaction, il faut une température qui peut sembler irréelle: plus de 100 millions de degrés Celsius. La matière devient alors plasma, le 4e état possible, après le solide, le liquide et le gaz. C'est par exemple ce qui compose les étoiles, mais aussi la foudre. Cette réaction nucléaire a lieu en continue pas "si" loin de chez nous: dans le soleil. Mais pour réitérer l'expérience sur terre, ça se complique, précise Bernard Saoutic: "Si je veux beaucoup de réactions de fusion, j'ai besoin d'avoir le plus de particules possibles avec une température très élevé, mais je dois aussi confiner le plasma. C'est comme dans une baignoire, si je mets de l'eau en laissant la bonde, elle va se remplir, mais si j'arrête, la baignoire va se vider. Ici, c'est pareil, si l'on arrête de chauffer le plasma, la température va baisser. Ce que l'on cherche, c'est à avoir un temps de confinement, pendant lequel la température reste haute, le plus longtemps possible." Panier percé Ça, c'est la théorie. Le problème, c'est que la mise en pratique est loin d'être évidente. Créer ce fameux confinement est très difficile. Jusqu'alors, le système le plus courant s'appelle Tokamak. C'est là-dessus qu'a été bâti Iter. Imaginé dès la fin des années 80, le projet international a pris son temps pour se structurer. La construction a commencé en 2007.

Mauvaise semaine politique

Le film de la semaine a présenté une quantité d’évènements qui ne sont pas d’une importance capitale, mais qui font la vie quotidienne d’une vie en société. Aucun de ces événements n’a reçu de réponse cohérente et responsable de la part des dirigeants politiques. C’est symptomatique. Sur la gauche (qui gouverne) comme sur la droite, (qui a l’ambition de gouverner), personne n’a de convictions suffisamment fortes, capables de charpenter une réflexion et un programme d’actions qui permettraient de rassembler une majorité sur un projet d’avenir relativement clair. Prenons cinq épisodes de l’actualité de la semaine,(un par jour) et on va voir que ça ressemble à un inventaire à la Prévert… Affligeant. C’est tout et n’importe quoi et pourtant ca explique la désespérance publique du pays. 1er jour, la déchéance nationale. Le projet de prononcer la déchéance nationale pour les binationaux confondus de terrorisme, qui devrait faire l’objet d’une loi et d’une réforme de la constitution a jeté un énorme bazar dans toute la classe politique. Une fois que le danger s’est éloigné et que l’odeur de la poudre terroriste s’est un peu effacée, les hommes politiques sont retombés dans le comptage de leurs petits intérêts. A Versailles tout le monde était d’accord pour prendre des mesures sévères afin de lutter contre le terrorisme … aujourd'hui tout le monde est rentré dans ses chapelles respectives. Personne ne sait plus qui va voter pour quoi. La droite est aussi divisée que la gauche. Que les responsables politiques tergiversent sur la déchéance de nationalité, n’est pas grave en soi puisque la mesure ne servira à rien … ce qui est grave c’est que cette bataille marque le profond désaccord de la classe politique sur les mesures générales qu'il faudrait prendre pour lutter contre le terrorisme. Plus grave encore, ça signifie qu’on n’est pas d’accord en France sur l’ampleur de la situation et les responsabilités. Quand Mme Taubira démissionne, elle démissionne parce qu's’elle est en désaccord idéologique avec le président sur toute la politique qu’il voudrait mener, la droite n’est pas plus unie sur un programme cohérent. Alain Juppé et Nicolas Sarkozy n’ont pas toujours été très clairs. 2e jour, le conflit entre les chauffeurs de taxis et les VTC est une caricature. Tout le monde ment. Tout le monde le sait. Personne ne dit rien. Personne ne siffle la fin de la partie. Cette affaire a souligné l’incapacité du gouvernement à définir une politique claire et simple quant à l’avenir du transport individuel. Faut-il protéger les chauffeurs de taxis, faut-il laisser les VTC, se développer. le président de la république , n’a rien dit , Manuel Valls a reçu les chauffeurs de taxis et leur a promis de les aider, Emmanuel Macron a joué les modernes en suggérant aux taxis de faire une offre d’aussi bonne qualité que les VTC, il leur a offert l’accès gratuit a une application numérique (le nerf de la guerre) mais les chauffeurs taxis ont refusé . Le ministre a fait mine de ne pas savoir que les chauffeurs de taxis travaillent souvent au noir et en cash pour éviter de payer l’impôt et les charges… Jean Luc Mélenchon lui a défendu les chauffeurs de taxis étouffés par les multinationales. Il a raison, le taxi est porteur d’une valeur de gauche. Mais de qui se moque-t-on ?

lundi 20 juin 2016

Apprendre à distinguer les vins

J'ai perdu le compte du nombre de fois où cela m'est arrivé. Je suis invité à dîner chez des amis et l'on me demande de ramener une bouteille de vin. Il y a un seul problème : je ne m'y connais absolument pas. Du coup, je reste systématiquement bloqué (un temps fou, évidemment) chez le caviste à contempler toutes les bouteilles. Année, domaine, couleur : je dissèque tout. Puis, parce qu'il faut bien choisir, je prends finalement un bordeaux dont j'apprécie l'étiquette et qui n'est pas trop cher (pas la Villageoise non plus, mais pas une bouteille à 15 euros : parce que bon, ça reste un vin ; au vu des prix, on a parfois l'impression que le caviste vend de l'or en bouteille). Mais le mois dernier, j'ai décidé d'en apprendre plus en suivant un cours d'oenologie à Bruxelles. Je ne savais pas du tout à quoi ces trois heures de dégustation allaient ressembler. Je redoutais d'être le seul bizut. Mais ça ne s'est pas du tout passé comme ça. Si certains s'y connaissaient visiblement (oui, visiblement : parce que moins on a de culture, plus il faut l'étaler, voyez-vous), certains étaient comme moi des amateurs. Ce qu'il y a de plus curieux, cependant, c'est ce qui s'est passé, et c'est là où je voulais en venir. Si j'ai assisté à ce cours, c'était un peu pour obtenir une liste de vins de qualité sur lesquels je pourrais me tourner sans hésiter. Mais j'ai découvert quelque chose de bien plus important lors de ce cours : j'ai appris à apprécier le vin. Mieux encore, j'ai appris à percevoir les types de vin que j'appréciais. Nous avons ainsi pu déguster 5 vins de petits producteurs, dont les goûts étaient très variés. Et cette variété m'a permis de voir les goûts que j'aimais : quelles odeurs, quelles saveurs, quelle puissance, etc. Du coup, lorsque je dois acheter un vin, désormais, je prête moins attention à sa réputation qu'aux particularités que je souhaite y trouver. C'est tout de même fou, avec le recul, que j'aie pu acheter pendant des années des vins non pour leur goût mais pour leur nom ! Je vous mets un lien vers le site où j'ai trouvé mon cours d'oenologie à Bruxelles, si vous n'êtes pas porté sur l'eau ferrugineuse.



jeudi 26 mai 2016

Un monstre!!!


La chaine d'info est mauvaise pour la santé

Les images diffusées par les chaînes d’information en continu couvrant des actualités graves comme des attentats peuvent avoir un impact grave sur le téléspectateur. Difficile de détourner le regard de son écran de télévision. Depuis les attentats qui ont frappé la France vendredi 13 novembre, les télévisions sont allumées sur les chaînes d’information en continu pour suivre le déroulement de l’enquête et la poursuite des terroristes présumés sur les territoires belges et français. À tel point que l’on voit eles mêmes images en boucle encore et encore. Un réflexe qui n’est pas sans risque, comme l’explique le site de Courrier international, qui relaie plusieurs articles de la presse américaine. Le «stress dû aux informations sur des catastrophes peut avoir un impact négatif très important sur la santé mentale et émotionnelle, et les effets peuvent durer plus longtemps que les gens ne l’imaginent», explique ainsi la journaliste spécialisée de Forbes Tara Haelle. Car, au-delà des victimes, des témoins et des personnes intervenues lors de la catastrophe, les images diffusées par ces chaînes, parfois violentes, peuvent aussi avoir un impact grave sur le téléspectateur, qui ne peut s’empêcher de penser «ça aurait pu être moi». Lors de la double prise d’otages en janvier dernier, Metronews avait interrogé Hélène Romano, psychologue référente de la cellule d’urgence médico-psychologique du Val-de-Marne, sur l’impact de l’image en direct. «Tant qu’il y a une explication et une réflexion, expliquait-elle, c’est rassurant. Mais l’image en direct à l’état brut, c’est à risques. Le journaliste découvre l’image en même temps que les téléspectateurs, n’en sait pas plus qu’eux. C’est une source traumatique.» Courrier international cite à ce propos une étude de 2013 parue dans la revue PNAS qui montrait que regarder au moins six heures par jour les informations sur l’attentat du marathon de Boston «était corrélé à un stress plus aigu encore que celui engendré par le fait d’avoir participé à l’événement ou d’avoir été à proximité». Forbes rappelle aussi une étude du début des années 2000 qui avait trouvé que «les heures de couverture télévisée du 11-Septembre présageait d’un plus grand stress et de symptômes de stress post-traumatique, même chez ceux qui vivaient loin de New York ou qui n’avaient que peu de liens avec les gens là-bas.» Nul doute que les attentats de Paris risquent de provoquer le même genre de réaction chez certains. Sur Metronews, Hélène Romano proposait que les chaînes de télévision mettent en place «un différé d’un quart d’heure pour les événements dramatiques». Un moyen de prendre du recul et d’expliquer les images qui défilent devant nos yeux. Autre solution, plus drastique: n’hésitez pas à éteindre la télé ou à changer de chaîne pour sortir quelques instants de ce climat qui peut être un peu trop oppressant.

vendredi 5 février 2016

Voyage confort

Dans le dernier voyage que j'ai eu l'occasion de faire, j'ai légèrement rogné le côté aventure pour un peu plus de confort. D'accord, pour être honnête, vous pouvez retirer le terme « légèrement » de la phrase précédente. Un sacré changement, en ce qui me concerne. Parce que d'habitude, ma femme et moi nous débrouillons seuls pour organiser nos vacances à l'étranger. Enfin, « organiser » est peut-être là aussi un grand mot. En général, on se contente de prendre le billet d'avion et on improvise sur place. Nous sommes un peu les Mac Guyver du voyage. Mais il y a peu, nous nous avons tenté un voyage très différent : un voyage de groupe en Chine. C'est peut-être un effet de l'âge, mais il se trouve que j'ai particulièrement aimé certains avantages qu'on ne retrouve pas dans le voyage en solo. Le gros point positif, d'après moi, c'est de pouvoir se laisser porter. Mon côté baroudeur en a pris un coup : j'ai adoré me faire dorloter du début à la fin ! Tout était planifié. Il n'y avait pas besoin de chercher quels itinéraires nous allions prendre, notre guide avait tout prévu. Tout ce qu'il y avait à faire, en somme, c'était d'ouvrir grand les yeux et de profiter. Pour vous donner une idée, durant les trajets, nous avons même pu finir notre nuit plutôt que de devoir surveiller que le chauffeur de taxi ne rallonge pas délibérément la course. Il n'était pas besoin non plus de louer de véhicule et de devoir conduire dans un pays où la conduite sur route ressemble à un rébus (ou un casse-tête chinois, en l'occurence). Et je dois dire que c'est plutôt cool, le fait de ne pas avoir à stresser parce qu'on bloque la circulation, sans parvenir à comprendre à quoi correspondent les panneaux de signalisation ! J'ai eu l'occasion de conduire à Mumbai, et je peux vous dire que j'en rêve encore parfois ! Il est peu probable que ma femme et moi devenions un jour des fidèles des voyages en groupe : mais je dois avouer que, occasionnellement, ça fait du bien, un peu de confort. J’ai tellement aimé que je vais vous donner le contact de l’agence qui s’est occupé de notre voyage en famille, car ils sont vraiment bons. Suivez le lien pour leurs infos.

Bachar attend que le peuple lui demande de partir

Dans un entretien accordé à la presse russe, le président syrien déplore le soutien de l'Europe aux rebelles, qualifiés de «terroristes». C'est en luttant contre ces derniers, estime-t-il, que l'Europe résoudra la crise des migrants. Dans un entretien accordé à plusieurs médias russes et diffusé mardi, Bachar el-Assad indique qu'il ne quittera le pouvoir que si le peuple le lui de demande et certainement pas sous la pression occidentale. «Le président arrive au pouvoir par la volonté du peuple lors d'élection, et s'il part, il part parce que le peuple le demande, pas par la volonté des États-Unis, du Conseil de sécurité de l'Onu, de la Conférence de Genève ou du Communiqué de Genève (un texte signé par les puissances mondiales appelant à une transition en Syrie)» a ainsi déclaré le chef d'Etat syrien. Il estime aussi que la crise des migrants en Europe ne peut être résolue que par la lutte contre le terrorisme. «La question n'est pas de savoir si l'Europe accepte ou non les réfugiés. Il faut absolument résoudre ce problème à la source. Si l'Europe se soucie réellement du sort des réfugiés, alors qu'elle arrête de soutenir les terroristes», a-t-il déclaré, selon des propos retransmis en russe par la télévision Russia Today. «Si vous demandez à n'importe quel Syrien ce qu'il veut aujourd'hui, sa première réponse sera la sécurité et la stabilité pour tous». Le pouvoir syrien considère en effet, et ce dès le début du conflit en mars 2011, comme «terroristes», aussi bien les militants pacifiques, les rebelles et les djihadistes. «Nous devons poursuivre le dialogue au nom de la recherche d'un consensus, mais nous ne pouvons pas obtenir de réels succès tant que des gens meurent, tant que le bain de sang continue et tant que les gens ne se sentent pas en totale sécurité», a poursuivi le président syrien. «Nous n'arriverons à rien tant que nous ne vaincrons pas le terrorisme en Syrie», a-t-il ajouté, appelant «toutes les parties à s'unir». «L'Europe continue de les appeler des modérés. Tous ces groupes présents en Syrie sont des extrémistes», explique Assad, accusant l'Occident de mener une «propagande» visant à le faire tomber. «Tant que je serai à la tête du pays, ils continueront à soutenir le terrorisme parce que leur objectif principal en Syrie et dans d'autres pays est de changer les présidents, [...]. Ils veulent que certains dirigeants partent pour les remplacer par des individus qui agissent dans leurs intérêts et non dans celui de leurs peuples», accuse Bachar el-Assad. Et le président syrien d'expliquer que le soutien de l'Iran, qui a livré des équipements militaires à Damas, a été crucial dans la lutte contre le terrorisme en Syrie, tout en ajoutant que Téhéran n'a pas envoyé de troupes sur place.

Désaccord politique sur les migrants

Les parlementaires se penchent ce mercredi 16 février sur la crise des migrants dans le cadre d'un débat sur "l'accueil des réfugiés en France et en Europe". Au lendemain d'un premier débat sur les vols de reconnaissance au-dessus de la Syrie, députés et sénateurs vont pouvoir exposer leurs divergences sur la manière dont la France doit héberger les quelques 25.000 nouveaux arrivants prévus dans le cadre du plan européen. Comme la veille, ceux-ci ne pourront toutefois pas voter pour sanctionner ou valider la politique du gouvernement. Comme sur la Syrie, Manuel Valls prendra la parole en premier pour développer l'action de l'exécutif à l'Assemblée nationale, avant de laisser les groupes politiques s'exprimer dans ce débat de deux heures qui se terminera vers 18 heures. Le Sénat s'emparera du sujet à partir de 21h30. Le premier ministre doit notamment dévoiler des mesures supplémentaires pour l'hébergement en centres d'accueil des demandeurs d'asile (Cada). Il y avait 25.000 places de Cada en juin 2015 et 4.000 autres devaient être créées d'ici à la fin de l'année. Mais cela reste insuffisant, compte tenu du niveau des demandes d'asile (environ 65.000 en 2014). Une fois n'est pas coutume, les différents groupes de gauche devraient se rejoindre dans l'hémicycle sur la nécessité "morale" d'accueillir ceux qui fuient la guerre en Syrie et en Irak et déplorer la désunion européenne sur le sujet. Mais cette unanimité à gauche se fracture sur l'ampleur des efforts à fournir comme sur les désaccords stratégiques vis à vis des causes de la crise. Hostile à toute immigration économique, la droite, qui organise justement dans la matinée un séminaire sur le sujet, entend profiter de ce débat pour exiger une remise à plat des accords de Schengen mais se divise sur les conditions d'accueil des demandeurs d'asile. Après avoir organisé un grand meeting parisien pour marquer son soutien à l'accueil des réfugiés, le Parti socialiste entend rappeler à l'Assemblée nationale son attachement au respect du droit d'asile, même si certaines voix isolées, comme celle du député Malek Boutih, mettent en garde contre un éventuel "appel d'air". Rallié au principe d'un système de répartition européen des migrants, le principal parti de la majorité dénonce comme le gouvernement "l'égoïsme et la cécité" de certains pays de l'Est qui, à l'image de la Hongrie, la République tchèque et la Slovaquie ont fait échouer lundi un accord européen sur une répartition de 120.000 réfugiés. Reste que la question des moyens nécessaires pour assurer l'accueil de très nombreux réfugiés continue de tarauder les élus socialistes, à commencer par les maires qui, à l'image de la ville de Paris, se sont engagés à recevoir des demandeurs d'asile. Les annonces de Manuel Valls ont notamment vocation à répondre à ces craintes. De son côté, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a annoncé samedi qu'une prime de 1.000 euros par place serait versée aux communes créant des hébergements supplémentaires d'ici à 2017. Pour les écologistes, l'accueil des réfugiés doit être inconditionnel. "On peut accueillir en France sans limite et on peut accueillir dans toute l'Europe", a plaidé la secrétaire nationale d'EELV Emmanuelle Cosse, très engagée dans la question du logement en Ile-de-France où elle sera la cheffe de file des écolos aux prochaines élections régionales. S'ils soutiennent les annonces du gouvernement sur l'accueil des migrants, certains écologistes souhaiteraient aller encore plus loin en étendant cette générosité aux populations Roms. "Nous nous réjouissons" de l'annonce que la France va accueillir 24.000 réfugiés, a souligné récemment la sénatrice de Seine-Saint-Denis Aline Archimbaud (EELV). "Mais je ne peux pas comprendre pourquoi les populations roms, qui sont aussi des populations réfugiées, subissent un tel traitement", a-t-elle poursuivi. Du côté du Front de Gauche, André Chassaigne, a prévu de rappeler "la responsabilité morale" face au drame des migrants et "l'obligation juridique au regard du droit international", vu notamment la Convention de Genève. Le PCF juge pour l'heure insuffisants les engagements de l'Etat vis à vis des réfugiés. Le secrétaire national du PCF et sénateur Pierre Laurent a estimé que le chiffre de 24.000 réfugiés que la France s'apprête à accueillir annoncé par François Hollande "n’est pas à la hauteur". "24.000 réfugiés en deux ans, ce n’est pas à la hauteur de nos traditions et de nos valeurs. L’Etat doit prendre ses responsabilités aux côtés des centaines de communes, des milliers de citoyens et d’associations volontaires", a-t-il exigé ce week-end.