mardi 12 mars 2013
Le printemps arabe est-il de retour ?
Le printemps arabe est-il de retour ? C’est la question que l’on peut se poser en Tunisie alors qu’un jeune de 27 ans vient de s’immoler en plein cœur de la capitale. À 8h30, sur la symbolique avenue Habib Bourguiba, un homme «désespéré» selon les autorités s'est immolé par le feu devant le Théâtre municipal, l'un des deux endroits phares de l'avenue avec le ministère de l'Intérieur, sur le même trottoir à quelques mètres. Avant de se mettre en feu, le jeune a bien déclaré que c’était le chômage qui le désespérait, tout comme la pauvreté. A côté, un vieil homme coiffé d'une chéchia hausse le ton, dénonçant la classe politique «Ils perçoivent 5 ou 6000 dinars (entre 2500 et 3000 euros) et ne font rien. Après, ils t'étranglent avec les prix». «Les hommes politiques ne font qu'amasser l'argent», assène en écho un passant. Cela ressemble à un mécontentement populaire qui commence à gronder de plus en plus fort en Tunisie, sur fonds de crise politique et de crise des droits de l’homme, notamment des femmes. Jamais depuis la révolution, la Tunisie ne s'était retrouvée dans une telle situation, politique - avec la démission du premier ministre après l'assassinat de Chokri Bélaïd - et économique. Pourtant, le taux de chômage serait en baisse, atteignant 16,7 %, ce qui reste énorme. La relance d'une économie moribonde sera l'une des tâches les plus urgentes du nouveau gouvernement d'Ali Larayedh dont la composition doit être approuvée mardi ou mercredi par l'Assemblée nationale constituante. On note que dans une grande majorité des pays emporté par la révolution arabe, c’est le chaos déguisé qui s’institutionnalise avec une élite politique qui se déconnecte du réel, et qui en profite en se versant des primes et des salaires très élevés – comme en France – alors que la population locale s’enfonce dans la misère – comme en France également. Faudrait-il un nouvel homme providentiel qui n’ait de cesse de penser au bien être de son pays et non à son bien personnel pour que les choses changent. Et là, ce n’est pas gagné. A lire également dans Le Figaro.
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