mercredi 30 août 2017

Superbe Sam...


Magnifique Cologne

A l'occasion d'un voyage en Allemagne le mois dernier, je me suis rendu à Cologne pour y effectuer un vol en hélicoptère au-dessus de la ville. J'ai ainsi pu découvrir depuis les airs celle qui a été le symbole ultime de la solidité et de la fermeté de la foi chrétienne durant sept siècles : la cathédrale de Cologne, dont l'histoire est fascinante à plus d'un titre pour qui aime l'architecture religieuse. La première pierre de la cathédrale de Cologne fut en effet posée en 1248 par Konrad de Hochstaden, évêque, afin que le futur bâtiment abrite les reliques des Roi mages que Frédéric Barberousse, souverain du saint Empire romain germanique, avait pillées à Milan au siècle précédent. Si des services religieux furent donnés dès 1265 dans le bâtiment inachevé, la construction fut terriblement lente. Elle s'interrompit même en 1560 et la construction demeura en l’état jusqu'en 1842 où, à la faveur de la passion pour le gothique qui s’était emparée de l‘Europe, le roi Frédéric-Guillaume IV de Prusse ordonna la continuation des travaux ! Les architectes s’inspirèrent donc des plans médiévaux subsistant, mais il fut entendu que la toiture recevrait une charpente métallique moderne. Enfin terminée en 1880 (632 ans après le début du chantier !), la cathédrale de Cologne était la plus grande église d’Allemagne. Parmi moult trésors, elle contient le sarcophage doré des Rois mages (censé receler les restes des trois Rois mages), la Madonne de Milan (une sculpture sur bois de 1290 représentant la Vierge et I’Enfant) et la croix de Gero, datant de 970. La cathédrale abrite douze cloches, dont la plus ancienne date de 1418. La cloche de Saint-Pierre (Petersglocke) fut fondue en 1922. Avec ses 24 tonnes, c’est la plus grosse cloche du monde à sonner en lancer franc ! Si les deux flèches et la façade occidentale ont survécu aux bombardements massifs des Alliés durant la Seconde Guerre mondiale, la cathédrale a reçu quatorze frappes directes qui ont gravement endommagé le reste de sa structure. Le travail de restauration a été achevé en 1956. Si vous passez par Cologne, ne manquez pas cet édifice unique. Et même si vous n'êtes pas féru d'architecture religieuse, je vous promets que vous ne pourrez vous empêcher de ressentir un frisson en la parcourant. Et ce, que ce soit depuis la terre ou depuis le ciel ! Retrouvez plus de renseignements sur l'organisateur de cette expérience de baptême en hélicoptère.

lundi 21 août 2017

A quoi ça sert l’amour

À quoi ça sert l’amour ? est à la fois le titre du film et celui de la chanson qui illustre le film. C’est également un bon résumé de ce que propose le film, à savoir un aperçu des différentes étapes qui jalonnent une histoire d’amour. Le film commence sur un paysage d’automne. On entend souffler le vent et, au loin, quelques voix d’enfants. Il semble que nous entrions dans un univers mélancolique, appuyé par l’esthétique du film en dessin traditionnel où tout est blanc, et les personnages comme le paysage simplement détourés en noir. C’est au moment où une feuille morte se dépose sur le pied d’un personnage, qui est également le moment du début de la chanson, que le film prend une tout autre dimension, plus enjouée, et entre dans une course folle qui ne s’arrêtera qu’à la fin du film, qui sera également la fin des aventures du personnage principal et la fin de la chanson. À partir de ce moment, film et chanson avanceront ensemble, dans un même rythme, la chanson illustrant le film, le film illustrant la chanson. La chanson commence par la phrase qui donne son titre au film : « A quoi ça sert l’amour ? » Le spectateur est immédiatement immergé dans un univers qu’il connaît déjà, car il s’agit d’une chanson très connue d’Édith Piaf, qui a su traverser les générations. La chanson est à la fois désuète et intemporelle, très française et universelle. Le graphisme du film est aussi à son image, avec un trait épuré (noir et blanc, personnages et décors stylisés, absence de détails), mais un rythme endiablé qui le rend extrêmement moderne. On peut rapprocher le style graphique du film de celui, par exemple, du Petit Nicolas, illustré par Sempé, qui mettait en scène un écolier parisien. La chanson « A quoi ça sert l’amour ? » est-elle aussi très parisienne, puisqu’elle est chantée par une interprète qui représente Paris pour le monde entier. Cet aspect très « régional » est contrebalancé par l’aspect universel des paroles qui s’interrogent sur les sentiments. Ainsi, le film joue sur cette dualité en mettant en scène ses personnages dans Paris, mais un Paris qui représente à lui seul le romantisme et l’amour. Le jeu des images et des métaphores À quoi ça sert l’amour ? est basé sur la chanson d’Édith Piaf que l’on entend du début à la fin. Le film n’est pourtant pas à proprement parlé un clip promotionnel, où les images sont convoquées pour soutenir la diffusion d’une chanson récemment produite. Ici, le rapport est modifié puisque c’est la chanson qui sert le film et non l’inverse. Le film va user d’images et de métaphores qui le rendent plus léger. Ainsi, certains passages de la chanson vont être détournés tout en lui restant fidèles. La technique choisie est d’utiliser les expressions de la chanson au premier degré. Par exemple, au début du film, lorsque le personnage croise une jeune femme, l’amour lui tombe dessus littéralement par le biais d’un piano qui tombe du ciel, alors qu’Édith Piaf chante « l’amour ne s’explique pas, c’est une chose comme ça, qui vient d’on ne sait d’où » ; plus tard, lorsque l’on entend « mais quand tout est fini, il ne vous reste rien qu’un immense chagrin », on voit le personnage rentrer dans son appartement vide et s’effondrer en larmes (il ne lui reste rien, au propre comme au figuré).