Quand on parle de l'avenir du management, le sujet le plus abordé concerne toujours l'évolution des systèmes d'information. L'enjeu du collaboratif passe toujours en toute fin. Un fait plutôt étonnant quand on sait que c'est précisément là que se jouera la prochaine mutation du management. Vous comprendrez donc pourquoi j'ai bien apprécié le colloque à Miami auquel j'ai assisté il y a quelques jours, et où il a été largement question de ce type d'innovation. Un des participants nous a en effet fait part de quelques choix de management non-conformiste plutôt séduisants dont j'ai eu envie de rendre compte ici. Si vous vous intéressez tout comme moi aux ressources humaines, je suis convaincu que ces cas d'école vous réjouiront car ils laissent présager un management très différent de celui auquel nous sommes encore trop habitués.
En France par exmeple, le PDG de Mars Chocolat a institué toutes les 6 semaines une réunion d'une demi-heure, nommée "Ca se discute". Il y prend le temps de répondre à toutes les questions des collaborateurs. Cette pratique me paraît d'autant plus utile quand on sait combien les salariés se méfient davantage de leurs dirigeants (qu'ils connaissent mal) que de leurs managers directs.
Toujours en France, à Euro Disneyland Paris a imaginé pour ses 15000 salariés une sorte de conseil municipal, formé de salariés bénévoles qui s'emploient à donner des solutions aux petits ennuis quotidiens détectés par les salariés. Cette collectivité se réunit plusieurs fois par an en dehors des réunions traditionnelles. Une bonne manière de ramener une énorme entreprise au nivau de village, et de donner la parole à chacun.
L'entreprise 3M, aux Etats-Unis, a quant à elle adopté le credo des 80/20. Ce processus est né dans les années 1930, et il est dû à William McKnight, son PDG de l'époque, qui affirmait qu'il fallait donner une certaine liberté à ses salariés. Il a donc mis en place une approche qui permet aux employés qui le sollicitent de dédier 1/5 de leur temps à travailler sur des projets libres, hors des projets courants. Le projet peut paraître un peu fou à première vue, mais il a donné naissance à des produits tels que le fameux post-it (conçu par deux salariés en 74). Pour info, 3M vend de nos jours plus de 600 produits basés sur cette invention ! Cette approche peut donc s'avérer très largement gagnante. Elle a d'ailleurs été reprise par d'autres firmes telles que Google, connue pour son management innovant. Ce colloque à Miami comprenait de nombreux autres exemples de management insolite. Il m'a fait prendre conscience à quel point le management à l'ancienne qui règne encore un peu partout faisait aujourd'hui figure de dinosaure. La génération Z se détourne de ce management trop daté, et les entreprises qui s'y tiennent auront beaucoup de mal à séduire les candidats de qualité d'ici quelques années. Si vous souhaitez en savoir plus, allez directement sur le site de l’organisateur de ce séminaire à Miami pour avoir les livres blancs du colloque.
dimanche 14 juin 2015
Quand la guerre du Vietnam revient en boomerang
Le Vietnam a dénoncé jeudi les «crimes barbares» commis par les États-Unis, à l'occasion du 40e anniversaire de la chute de Saïgon, dernier épisode d'une guerre ayant fait des millions de morts.
«Ils ont commis d'innombrables crimes barbares, ont causé des pertes incommensurables et beaucoup de douleur à la population de notre pays», a lancé le premier ministre Nguyen Tan Dung à la foule réunie devant le palais de l'indépendance, pris d'assaut il y a 40 ans par les chars nord-vietnamiens.
Le «patriotisme ardent» a permis la victoire finale grâce à la «brillante et créative direction du parti», a ajouté M. Dung.
Devant lui, des régiments de soldats brandissant une forêt de drapeaux marqués du marteau et de la faucille ont défilé, rappelant l'entrée des chars des forces communistes dans la ville.
Le conflit a fait des millions de morts côté vietnamien, dont de nombreux civils tués dans des bombardements.
Des centaines de milliers d'autres ont été blessés, dont de nombreux intoxiqués par l'«agent orange», herbicide contenant de la dioxine qui avait été pulvérisé par les Américains sur de vastes étendues du pays.
«Ils [les Américains] ont commis d'innombrables crimes barbares, ont causé des pertes incommensurables et beaucoup de douleur à la population de notre pays.»
La guerre avait divisé l'opinion publique américaine, émue du sort des 58 000 GI's tués ou grièvement blessés.
Les souffrances des civils vietnamiens, comme le massacre en mars 1968 de centaines de villageois à My Lai par l'armée américaine, avaient aussi contribué à faire tourner l'opinion outre-Atlantique.
Et la guerre du Vietnam reste pour Washington la première grande défaite d'une superpuissance qui se pensait imbattable.
Aucun représentant américain n'était présent à la parade, mais l'ambassadeur des États-Unis a assisté à une discrète cérémonie au consulat d'Ho Chi Minh-Ville, avec une association de vétérans.
«Les Américains se souviennent du passé», a déclaré l'ambassadeur Ted Osius, appelant à se tourner vers un «avenir» marqué par l'amélioration des relations entre les deux pays.
Rebaptisée Ho Chi Minh-Ville après-guerre, Saïgon avait été bouclée jeudi pour que régiments et chars, dont un remonté d'un portrait géant d'Ho Chi Minh, père de l'indépendance, puissent défiler devant les hauts dirigeants du régime communiste, venus d'Hanoï pour l'événement.
Occasion de célébrer l'unité nationale dans ce pays au régime communiste autoritaire marqué par un fort nationalisme, la cérémonie était retransmise en direct à la télévision. Les vétérans étaient à l'honneur, racontant leur fierté d'avoir combattu les Américains.
«Un événement comme celui-ci est nécessaire pour aider les jeunes à comprendre le glorieux passé de notre pays», a expliqué à l'AFP Nguyen Van Hung. Pour l'occasion, l'homme de 72 ans avait ressorti son vieil uniforme militaire.
Les victoires militaires passées sont largement utilisées par le pouvoir actuel pour légitimer sa mainmise.
Mais la perception que les Vietnamiens ont de la guerre a bien évolué malgré la prédominance du récit historique officiel, estime Tuong Vu, professeur de sciences politiques à l'Université de l'Oregon.
Auparavant, les gens considéraient qu'il s'agissait d'une guerre de «libération nationale et d'unification». «Aujourd'hui, davantage de Vietnamiens voient cette guerre comme un événement tragique au cours duquel des Vietnamiens ont tué d'autres Vietnamiens - une guerre civile», ajoute-t-il.
Dans ce contexte, les Vietnamiens sont de plus en plus indifférents, voire hostiles, à ces spectacles de patriotisme officiel.
Après les jupes trop courtes, les jupes trop longues
Une jupe longue peut-elle être un signe religieux ostentatoire? La question est posée en France où une collégienne musulmane a été interdite de cours à cause de la sienne, interprétée comme une façon de revendiquer son appartenance religieuse.
L'adolescente de 15 ans arrive tous les jours au collège de Charleville-Mézières (nord-est) où elle est scolarisée coiffée d'un voile islamique, qu'elle retire avant son entrée dans l'établissement comme l'impose la loi depuis 2004. Mais quand elle a arboré une longue jupe noire au lieu de ses pantalons habituels, l'équipe éducative y a vu une action «revendicatrice».
Cette action était «concertée» avec d'autres élèves, a argué en outre l'administration scolaire du département sans fournir de précisions. Elle a aussi indiqué que la jeune fille n'a pas été exclue du collège, mais qu'elle a été renvoyée chez elle à deux reprises en lui demandant «de se représenter avec une tenue neutre».
«Cette jupe n'a vraiment rien de particulier, elle est toute simple, elle n'a rien d'ostentatoire. Il n'y a aucun signe religieux du tout», a rétorqué la collégienne dans le journal local L'Union-L'Ardennais qui publie une photo d'elle souriante, voile noir sur la tête, jupe longue et petite veste claire.
Soucieuse d'apaisement, la mère de la collégienne demandera à sa fille de se conformer aux directives de l'Éducation nationale, a-t-elle indiqué mercredi à l'AFP. «Ce n'est pas religieux, mais si l'école refuse que ma fille la porte en cours, elle ne la mettra pas», a-t-elle déclaré. «L'important c'est que ma fille continue ses études»
Le mot-clic #JePorteMaJupeCommeJeVeux a fleuri sur les réseaux sociaux où une internaute se moque de la France «où la robe longue est chic aux réceptions de l'Élysée, mais ostentatoire au collège».
La loi, dont le but officiel est de préserver les établissements scolaires de toute influence religieuse, stipule que «le port de signes ou tenues par lesquels les élèves manifestent ostensiblement une appartenance religieuse est interdit».
Les foulards islamiques, les kippas ou les grandes croix sont ainsi bannis des collèges et des lycées. La loi qui s'inscrit dans une conception rigoureuse de la laïcité, un marqueur fort dans la société française, a été précédée de plusieurs années de polémiques et de tensions. Certains y voient toujours une discrimination envers les jeunes musulmanes désireuses de pratiquer leur religion.
La loi «n'interdit pas les accessoires et les tenues qui peuvent être portés communément par des élèves en dehors de toute signification religieuse», précise l'observatoire de la laïcité, un organisme dépendant du gouvernement.
Interdire certains vêtements serait d'ailleurs instituer une «police vestimentaire», souligne son rapporteur, Nicolas Cadène. Selon lui, les cas ne sont «pas très courants» et relèvent d'une «mauvaise interprétation de la loi».
Le Collectif contre l'islamophobie en France (CCIF), une association musulmane, a cependant recensé en 2014 130 cas de lycéennes ou collégiennes interdites de cours pour des tenues «jugées abusivement ostentatoires».
Car une circulaire destinée aux enseignants a rendu les choses plus complexes en alertant sur d'éventuels contournements, comme le caractère religieux que l'élève attacherait à des accessoires ou des tenues particulières.
«Il est parfois difficile de distinguer simplement ce qui relève du port ostentatoire de signes religieux, de la provocation ou de la tentation d'éprouver les limites des règles communes», s'est défendu mardi le Rectorat de l'Académie de Reims.
Pour le sociologue Jean Baubérot, historien de la laïcité et adversaire de la loi, «l'école récolte ce qu'elle a semé».
Avec la circulaire, la chasse au signe religieux devient quelque chose d'obsessionnel qui ne peut qu'engendrer la révolte des adolescents, le sentiment qu'ils sont persécutés, victimes d'injustice».
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