vendredi 20 janvier 2017

De la structuration d'Airbus

L’organisation industrielle d’Airbus repose sur une répartition de l’essentiel des charges de travail et de l’emploi entre quatre pays. L’entreprise emploie 56.966 des 116.805 salariés d’EADS, répartis sur seize sites en Europe. Aux termes du pacte d’actionnaires conclu en 2000, EADS possède une structure d’actionnariat unique. L’Etat français, par l’intermédiaire d’une holding, la SOGEPA, et le groupe Lagardère sont liés par un premier pacte au sein de la « SOGEADE1 » qui regroupe les participations françaises. Cette entité est elle-même liée par un autre pacte d’actionnaires (le « Participation Agreement ») à DaimlerChrysler et à la SEPI (société holding de l’Etat espagnol). En vertu de ces accords, c’est uniquement aux actionnaires industriels que la possibilité est donnée d’exercer les responsabilités opérationnelles et managériales, ce qui peut se concevoir. En revanche, il est beaucoup moins compréhensible que l’Etat soit privé de regard sur une large part des grandes orientations du groupe. En effet, l’Etat français n’est pas directement représenté au conseil d’administration et n’exerce pas de contrôle, via cette instance, dans une société dans laquelle il détient pourtant 15 % des parts. Votre commission tient à souligner le paradoxe d’une telle situation. D’après les éléments dont elle dispose, le gouvernement de l’époque aurait été contraint d’accepter cette situation pour garantir au groupe Lagardère son indépendance et pour satisfaire aux exigences de DaimlerChrysler, opposé à un droit d’intervention de l’Etat français1. Le risque était alors de voir DaimlerChrysler s’associer à l’entreprise anglaise BAE Systems sans participation française. La stricte égalité dans la répartition du pouvoir était donc la condition du soutien allemand. Sans cette concession du gouvernement français, le groupe EADS n’aurait vraisemblablement pas été créé. Il n’en demeure pas moins, la « joint-venture », ou co-entreprise EADS en a subi les conséquences en termes de gouvernance. A lire en détail sur Fouga Magister.

mardi 10 janvier 2017

Les insoumises à Lille

Phi comme philosophie, comme France Insoumise, symbole d’harmonie mais que l’on peut aussi lire comme un 6 en le penchant un peu, pour symboliser la 6e République : le symbole de la campagne dévoilé lors de la Convention des 15 et 16 octobre est particulièrement significatif et illustre pleinement ce qui est en jeu. Il s’agit de montrer la révolution qui a déjà commencé et va aller en s’amplifiant. Révolution citoyenne, parce que les participant.e.s sont vraiment représentatifs du mouvement citoyen en construction qui vise lui-même à l’être du peuple français. Ils ont été tirés au sort pour leurs 2/3 parmi les 135 000 soutiens à la candidature de Jean-Luc Mélenchon : assemblée composée d’autant d’hommes que de femmes, bigarrée, variée dans les âges, les origines géographiques, les professions. Il y a de tout. Il y a nous. Révolution dans les pratiques politiques, parce qu’il n’y a pas de rupture entre les participant.e.s et la scène, circulaire, à peine surélevée, située au milieu de tous de façon à ce que celles et ceux qui y parlent soient englobés par l’ensemble des participant.e.s, et non placés en position surplombante par rapport à eux. Ils en sont en fait issus : pas de coulisses cachées d’où ils apparaitraient comme par magie, tout le monde peut tout voir. Et celles et ceux qui prennent la parole au micro sont soit invités, soit des participant.e.s tirés au sort qui en ont fait la demande. Pour celles et ceux qui ne seraient pas à l’aise pour prendre la parole en public devant autant de personnes, des vidéographes sont disponibles afin d’enregistrer ce qu’ils ont à dire dans une atmosphère plus calfeutrée. Révolution dans l’implication des personnes présentes, où plutôt que d’être spectateurs passifs, nous sommes acteurs. Plutôt que de recevoir des consignes, nous proposons nos idées qui sont soigneusement recueillies et étudiées, et que nous mettons d’ailleurs déjà en œuvre dans demander l’avis de qui que ce soit. Nous voulons seulement les partager. Nous examinons collectivement les problèmes que nous rencontrons, les solutions que nous pouvons trouver, les moyens dont nous avons besoin. C’est notre intelligence que nous mobilisons tous pour cette campagne. Révolution programmatique, dans le contenu, riche, précis, novateur, issu de la réflexion de milliers de personnes, illustres ou anonymes, connaisseurs ou amateurs. Mais aussi dans la façon de l’élaborer, car les participant.e.s ont voté non seulement sur le contenu, mais aussi pour décider de ce qu’ils estiment prioritaire. C’est tout ensemble que nous décidons de ce que nous voulons par-dessus tout. Révolution technologique, parce que chacun depuis son domicile peut participer presque autant que celles et ceux qui sont sur place par l’utilisation des technologies modernes : chacun peut assister à la Convention par une vidéo en direct continue, voter par internet, envoyer des sms qui s’affichent en direct, participer par les réseaux sociaux afin de collecter les idées bien au-delà des murs des Halls de la Filature qui nous accueillent à Lille. Préparer l’avenir en commun demande de se rencontrer, de débattre, d’échanger, de voir des visages, connus de longues luttes communes, ou complètement nouveaux. Pendant la Convention, nous nous sommes vus les uns les autres, et reconnus comme sœurs et frères de lutte, comme membres d’un même mouvement avec un objectif commun : notre programme l’Avenir en commun. Mais nous nous sommes aussi montrées, car nous sommes souvent occultés, ignorés, effacés dans notre diversité. On dit que notre candidat est un homme seul, est-ce à dire que nous n’existons pas ? Ou plutôt qu’on ne veut simplement pas nous voir ? Nous avons choisi un symbole d’harmonie pour notre campagne, car c’est l’avenir que nous voulons : une 6e République démocratique, écologique et sociale, une nouvelle Constitution, de nouveaux droits garantis par elle, et surtout la possibilité de vivre notre liberté, heureuse.

A Malte