mardi 23 mai 2017

Intégrer le numérique

L’intégration du numérique aux politiques publiques à l’échelle interterritoriale doit conduire, quant à elle, à produire une vision stratégique partagée entre les acteurs publics et privés du territoire, mais souple et aisément révisable. L’exercice doit se démarquer en termes d’organisation des pratiques traditionnelles des schémas des collectivités aux procédures trop lourdes et en tous les cas inadaptées à un numérique très évolutif dans les usages et les technologies. Affirmer le principe de subsidiarité selon lequel les collectivités peuvent intégrer le numérique à leurs compétences régaliennes (Recommandation #6). Lorsqu’une collectivité ou une structure de mutualisation mandatée par une ou plusieurs collectivités a fait la preuve de sa légitimité en termes d’actions sur le numérique reconnue par les autres collectivités, elle doit pouvoir engager une dynamique territoriale de projets à une échelle plus large. Si par exemple, une intercommunalité a mis en place une expérience sur la robotique de services avec succès, un regroupement de collectivités doit pouvoir être organisé autour de cette collectivité pour assurer la diffusion de ce projet à une échelle plus large et entraîner ainsi des effets économiques significatifs. Encourager, dans le cas où la mutualisation rencontre des difficultés, le parrainage de collectivités de taille plus petite par des collectivités plus importantes qui disposent d’une ingénierie territoriale, de savoir-faire et de réalisations sous forme de grappes doit pouvoir s’organiser. Cela doit permettre la diffusion rapide des projets et des expériences et d’infuser plus rapidement le numérique sur les territoires, notamment en zone rurale (Recommandation #7). Ce parrainage ne pourra se faire qu’au cas par cas et passe par un conventionnement entre collectivités éventuellement assorti de contreparties financières. iii. Instaurer des feuilles de route stratégiques par chaque territoire, que ce soit à l’échelle régionale, départementale ou intercommunale, et les mettre en cohérence au sein d’une stratégie partagée et co-adoptée est un prérequis indispensable à la cohérence et à la cohésion territoriales (Recommandation #8) et l’expression principale d’un nouveau mode de gouvernance fondé sur l’articulation de visions prospectives au sein d’un cadre de référence commun, permettant à chaque collectivité de confronter son action et son projet à celui des autres territoires et d’en dégager une vision stratégique partagée. A l’instar des méthodes agiles mises en œuvre dans les grands groupes, il faut permettre aux porteurs d’idées et de projets de les conduire, en mode startup, sans que la réussite soit une absolue nécessité, pourvu que l’idée corresponde aux valeurs du projet de territoire. L’objectif n’est pas de se livrer à un exercice stratégique lourd comparable à l’échelle régionale aux schémas régionaux d’innovation ou aux schémas régionaux de développement économique, mais de définir une ambition et une vision stratégique évolutive, déclinée en axes et en projets structurants sur lesquels les efforts seront concentrés. La feuille de route doit être facilement révisable pour adapter la stratégie territoriale aux contraintes et opportunités endogènes et exogènes qui peuvent s’offrir au territoire. Cela nécessite de mettre en place un processus adapté et souple.