mercredi 15 avril 2015

De haut vol

Si j'ai déjà réalisé de nombreuses activités étonnantes au cours de ma vie, l'une d'elles manquait encore à mon palmarès : effectuer un vol en avion de chasse. Une erreur que j'ai finalement réparée hier. L'aventure a eu lieu à l'aéroclub de Rennes, où je me suis présenté vers 10 h. J'avais eu du mal à m'endormir la veille au soir en pensant à ce qui m'attendait. Après qu'on m'ait expliqué le fonctionnement de l'appareil ainsi que les procédures de sécurité, j'ai pu enfiler mon uniforme de vol avant de me rendre sur le tarmac. C'est là que le Fouga patientait. L'appareil revenait justement d'un vol. En m'approchant de l'appareil, j'ai donc croisé le précédent baptisé... qui était blanc comme un linge. Je lui ai demandé comment ça s'était passé et il m'a répondu qu'il avait eu droit au voile noir et avait perdu connaissance pendant quelques secondes. Pas rassurant, ça ! C'est donc l'estomac noué que j'ai grimpé dans le cockpit et me suis attaché à mon siège. Après toute une série de check-lists, on est enfin parti. Je pensais être plaqué contre mon siège au moment du décollage, mais l'accélération est en réalité très régulière. Au début, j'ai surtout été frappé par la sensation de puissance que dégage l'appareil : celui-ci ne tangue pas malgré le vent. Nous avons attaqué avec un petit vol d'initiation, avant de poursuivre avec un vol à basse altitude. Enfin, le pilote m'a informé qu'on allait commencer la voltige. Et là, ça a été un choc. J'avais lu beaucoup de choses sur le sujet, mais il y a une différence entre savoir et ressentir. On a commencé par un petit huit. J'ai aussitôt pesé trois fois mon poids. J'ai essayé de lever le bras mais on aurait dit que j'avais un gant en plomb. J'avais l'impression que mes joues tombaient, comme si on tirait dessus. A la sortie du huit, le pilote m'a demandé si je voulais continuer. Et comment que je voulais ! Le pilote s'est alors mis à enchaîner les figures. Elles se suivaient à toute allure : breaks, looping, vol dos, tonneaux... Tout y passait. Durant les brefs moments d'accalmie entre les enchaînements, j'essayais de retrouver mes repères, mais tout allait trop vite. Le pilote me demandait constamment si j'étais encore conscient, et je répondais chaque fois par l'affirmative. Parce qu'en dépit des acrobaties qui allaient croissant, je me sentais parfaitement bien. Pas de voile noir en vue, pas de vertige. Curieusement, c'est une fois la voltige terminée que j'ai fini par me sentir nauséeux. En fin de compte, j'ai rempli le petit sac livré en début de vol. Mais hormis cette note finale, je ne regrette pas du tout cette aventure extraordinaire ! Pour en savoir plus, allez sur le site de baptême en avion de chasse.


Donc les femmes sont égoistes... par nature

L'imam Mohamed Khattabi a créé la polémique en affirmant dans un prêche que les femmes sont "égoïstes" par nature. Il avait été écarté de la grande mosquée de Montpellier en 2013 pour des propos jugés incompatibles avec le discours républicain. "Quel que soit votre degré de bonté envers une femme, son égoïsme la poussera à l’ignorer. Cela est vrai de toutes les femmes". C’est avec ces mots très durs à l’égard de la gent féminine que l’imam Mohamed Khattabi a rendu hommage aux femmes, le 6 mars 2015 à la mosquée Aïcha de Montpellier (Hérault) lors de son prêche hebdomadaire, en arabe, deux jours avant la journée internationale des droits des femmes. L’observatoire du Moyen-Orient, Memri, a traduit son prêche en français et en diffuse des extraits sur son site. Le religieux s’exprime du haut d'un minbar, une chaire, installé dans une salle des fêtes reconvertie en salle de prière depuis cet été. Mohamed Khattabi a fondé l’association "Aïcha", du nom de la troisième épouse du prophète Mahomet, avec pour ambition de recueillir les fonds et obtenir l'autorisation de faire construire un vrai lieu de culte. En attendant, l'association exploite ces locaux situés à Lattes, au sud de Montpellier. Dans la vidéo, l’imam montpelliérain poursuit en arabe : "Si une femme surmonte sa nature et qu’elle reconnaît [la vérité], elle est méritante et Allah lui accorde une place plus élevée au paradis. Mais si elle succombe à sa nature et qu’elle refuse de reconnaître les droits de l’homme, ou plutôt, la supériorité de l’homme sur elle, elle devra aller [en enfer]… ". Dans les passages où il s’exprime en français lors de ce même sermon, Mohamed Khattabi souligne paradoxalement l’égalité qui devrait être complète entre l'homme et la femme. Tantôt progressiste, tantôt radical, son discours apparaît "double", ce que confirme à France 24 une autorité musulmane de la région. L’imam de la mosquée Aïcha de Montpellier s'inspire du salafisme par sa lecture littéraliste du Coran, et des Frères musulmans dans certains prêches teintés de commentaires sur la politique internationale, notamment cet été au moment de la guerre à Gaza. "Le sermon du vendredi c'est l'amour, l'apaisement. Importer un conflit pareil n'est pas une bonne idée, dans une mosquée, face à 400 personnes. Ce qui m'inquiète, c'est la jeunesse qui entend ces paroles, qui est perdue et qui n'a pas les armes pour les analyser. Si les imams commencent à mélanger la politique aux prêches, on ne s'en sort plus", estime cette autorité religieuse.

Le Brésil plonge dans la récession

L’économie brésilienne a enregistré en 2014 une croissance de 0,1 %, sa plus mauvaise performance depuis 2009, et la faiblesse de l’investissement, l’inflation élevée et la montée du chômage augurent d’une récession douloureuse cette année. Le Brésil a stagné en 2014 avec un PIB en hausse d’à peine 0,1 %, alors que la septième économie mondiale affronte des vents adverses et s’apprête à entrer en récession en 2015. Le chiffre annoncé hier par l’Institut brésilien de géographie et statistique (IBGE) dépasse légèrement les prévisions : la Banque centrale tablait sur une contraction de 0,1 % et la majorité des analystes prévoyait une croissance zéro. Au 4e trimestre 2014, l’économie brésilienne a reculé de 0,2 % par rapport aux trois derniers mois de 2013. L’industrie, secteur le plus affecté, s’est contractée de 1,2 % en 2014, tandis que le secteur agro-industriel a progressé de 0,4 % et celui des services de 0,7 %, a précisé l’IBGE. Le Brésil se prépare à entrer en récession sous le double effet de la crise et de l’ajustement budgétaire que tente de mettre en œuvre le gouvernement, pour enrayer la dérive des comptes publics et éviter une dégradation de la note souveraine du pays par les agences internationales. La Banque centrale table sur une contraction de 0,5 % de l’économie en 2015, avec une inflation élevée qui ronge le pouvoir d’achat des ménages et pourrait terminer l’année à 7,9 %, bien au-delà du plafond du seuil de tolérance officiel (6,5 %) et de l’objectif de 4,5 % fixé par le gouvernement. Pour lutter contre l’inflation, l’autorité monétaire a progressivement redressé son taux directeur jusqu’à 12,75 %, un niveau qui pèse sur l’activité et l’investissement. Même le chômage, qui a résisté à des niveaux historiquement bas en 2014, commence à augmenter (de +0,6 % à 5,9 % en février). L’IBGE a révisé les chiffres sur la croissance des précédentes années, retenant une nouvelle méthodologie pour le calcul du PIB qui applique des normes internationales recommandées par le Fonds monétaire international (FMI) et la Banque mondiale (BM). La nouvelle série adopte comme année de référence 2010, quand le Brésil avait connu une croissance spectaculaire de 7,6 % (7,5 %, selon le calcul antérieur). En 2011, la première économie latino-américaine a crû de 3,9 % (au lieu de 2,7 %), en 2012 de 1,8 % (contre 1 %) et en 2013 de 2,7 % (contre 2,5 %). « Les questions sont maintenant de savoir à quel point la récession sera profonde en 2015, quand le Brésil commencera-t-il à récupérer, et à quelle vitesse ? » explique à l’AFP Robert Wood, analyste du Brésil pour Economist Intelligence Unit (EIU).