mercredi 15 avril 2015

Donc les femmes sont égoistes... par nature

L'imam Mohamed Khattabi a créé la polémique en affirmant dans un prêche que les femmes sont "égoïstes" par nature. Il avait été écarté de la grande mosquée de Montpellier en 2013 pour des propos jugés incompatibles avec le discours républicain. "Quel que soit votre degré de bonté envers une femme, son égoïsme la poussera à l’ignorer. Cela est vrai de toutes les femmes". C’est avec ces mots très durs à l’égard de la gent féminine que l’imam Mohamed Khattabi a rendu hommage aux femmes, le 6 mars 2015 à la mosquée Aïcha de Montpellier (Hérault) lors de son prêche hebdomadaire, en arabe, deux jours avant la journée internationale des droits des femmes. L’observatoire du Moyen-Orient, Memri, a traduit son prêche en français et en diffuse des extraits sur son site. Le religieux s’exprime du haut d'un minbar, une chaire, installé dans une salle des fêtes reconvertie en salle de prière depuis cet été. Mohamed Khattabi a fondé l’association "Aïcha", du nom de la troisième épouse du prophète Mahomet, avec pour ambition de recueillir les fonds et obtenir l'autorisation de faire construire un vrai lieu de culte. En attendant, l'association exploite ces locaux situés à Lattes, au sud de Montpellier. Dans la vidéo, l’imam montpelliérain poursuit en arabe : "Si une femme surmonte sa nature et qu’elle reconnaît [la vérité], elle est méritante et Allah lui accorde une place plus élevée au paradis. Mais si elle succombe à sa nature et qu’elle refuse de reconnaître les droits de l’homme, ou plutôt, la supériorité de l’homme sur elle, elle devra aller [en enfer]… ". Dans les passages où il s’exprime en français lors de ce même sermon, Mohamed Khattabi souligne paradoxalement l’égalité qui devrait être complète entre l'homme et la femme. Tantôt progressiste, tantôt radical, son discours apparaît "double", ce que confirme à France 24 une autorité musulmane de la région. L’imam de la mosquée Aïcha de Montpellier s'inspire du salafisme par sa lecture littéraliste du Coran, et des Frères musulmans dans certains prêches teintés de commentaires sur la politique internationale, notamment cet été au moment de la guerre à Gaza. "Le sermon du vendredi c'est l'amour, l'apaisement. Importer un conflit pareil n'est pas une bonne idée, dans une mosquée, face à 400 personnes. Ce qui m'inquiète, c'est la jeunesse qui entend ces paroles, qui est perdue et qui n'a pas les armes pour les analyser. Si les imams commencent à mélanger la politique aux prêches, on ne s'en sort plus", estime cette autorité religieuse.