jeudi 25 août 2016
Mauvaise semaine politique
Le film de la semaine a présenté une quantité d’évènements qui ne sont pas d’une importance capitale, mais qui font la vie quotidienne d’une vie en société. Aucun de ces événements n’a reçu de réponse cohérente et responsable de la part des dirigeants politiques. C’est symptomatique.
Sur la gauche (qui gouverne) comme sur la droite, (qui a l’ambition de gouverner), personne n’a de convictions suffisamment fortes, capables de charpenter une réflexion et un programme d’actions qui permettraient de rassembler une majorité sur un projet d’avenir relativement clair.
Prenons cinq épisodes de l’actualité de la semaine,(un par jour) et on va voir que ça ressemble à un inventaire à la Prévert… Affligeant. C’est tout et n’importe quoi et pourtant ca explique la désespérance publique du pays.
1er jour, la déchéance nationale. Le projet de prononcer la déchéance nationale pour les binationaux confondus de terrorisme, qui devrait faire l’objet d’une loi et d’une réforme de la constitution a jeté un énorme bazar dans toute la classe politique. Une fois que le danger s’est éloigné et que l’odeur de la poudre terroriste s’est un peu effacée, les hommes politiques sont retombés dans le comptage de leurs petits intérêts.
A Versailles tout le monde était d’accord pour prendre des mesures sévères afin de lutter contre le terrorisme … aujourd'hui tout le monde est rentré dans ses chapelles respectives. Personne ne sait plus qui va voter pour quoi. La droite est aussi divisée que la gauche. Que les responsables politiques tergiversent sur la déchéance de nationalité, n’est pas grave en soi puisque la mesure ne servira à rien … ce qui est grave c’est que cette bataille marque le profond désaccord de la classe politique sur les mesures générales qu'il faudrait prendre pour lutter contre le terrorisme. Plus grave encore, ça signifie qu’on n’est pas d’accord en France sur l’ampleur de la situation et les responsabilités.
Quand Mme Taubira démissionne, elle démissionne parce qu's’elle est en désaccord idéologique avec le président sur toute la politique qu’il voudrait mener, la droite n’est pas plus unie sur un programme cohérent. Alain Juppé et Nicolas Sarkozy n’ont pas toujours été très clairs.
2e jour, le conflit entre les chauffeurs de taxis et les VTC est une caricature. Tout le monde ment. Tout le monde le sait. Personne ne dit rien. Personne ne siffle la fin de la partie. Cette affaire a souligné l’incapacité du gouvernement à définir une politique claire et simple quant à l’avenir du transport individuel. Faut-il protéger les chauffeurs de taxis, faut-il laisser les VTC, se développer. le président de la république , n’a rien dit , Manuel Valls a reçu les chauffeurs de taxis et leur a promis de les aider, Emmanuel Macron a joué les modernes en suggérant aux taxis de faire une offre d’aussi bonne qualité que les VTC, il leur a offert l’accès gratuit a une application numérique (le nerf de la guerre) mais les chauffeurs taxis ont refusé . Le ministre a fait mine de ne pas savoir que les chauffeurs de taxis travaillent souvent au noir et en cash pour éviter de payer l’impôt et les charges… Jean Luc Mélenchon lui a défendu les chauffeurs de taxis étouffés par les multinationales. Il a raison, le taxi est porteur d’une valeur de gauche. Mais de qui se moque-t-on ?