mercredi 24 décembre 2014

New York, un modèle de développement

Au cours des 40 dernières années, New York a montré une formidable capacité à rebondir face aux différentes crises rencontrées : la crise budgétaire et criminelle des années 1970, les attentats du World Trade Center en 2001, et la crise financière des subprimes en 2009. Par le volontarisme politique et la vision stratégique de ses dirigeants successifs, New York a montré son aptitude à réinventer son modèle économique. New York avait su sortir de la crise budgétaire des années 1970 en redéveloppant son centre financier grâce à la dérégulation financière au cours des années 1980. Depuis 2001, New York a axé sa stratégie à la fois sur le maintien comme 2ème place financière mondiale et sur la diversification économique pour réduire la dépendance aux services financiers et à Manhattan. Fortement appuyé par la Federal Reserve of New York depuis le milieu des années 1980, le secteur financier bénéficie du soutien nécessaire des autorités publiques pour se maintenir à la 2ème place financière mondiale5, comme en témoigne le lancement du Plan de Revitalisation du secteur financier par l'administration Bloomberg en 2009 à la suite de la crise des subprimes. New York a parallèlement réduit sa dépendance à la finance en soutenant l'innovation dans 4 secteurs clés : le tourisme, les technologies de l'information et de communication (TIC) & Digital, les biotechnologies et les industries créatives. Aujourd'hui, la création de richesse primaire est issue à 51% des services financiers (~50% du PIB primaire) et de ces 4 secteurs (~40% du PIB primaire). Plusieurs leviers ont été mis en place pour diversifier l'économie newyorkaise et dynamiser les quatre secteurs clés. Le secteur touristique a bénéficié de fortes campagnes de promotion, d'une segmentation de son offre (jeune, familiale, culturelle, etc.), de la création de bureaux de représentation dans les pays émergents, de la mise en place de partenariats avec des acteurs Internet et d'une réappropriation des marques déposées par la ville de New York. Cette politique de soutien a permis d'enregistrer une augmentation de +60% de touristes internationaux entre 2006 et 20127. Les industries créatives (mode, cinéma, édition, arts, etc.) ont été soutenues principalement à travers la stratégie menée par le Département des affaires culturelles de New York, prônant l'abaissement des barrières au développement du secteur : mise à disposition d'espaces de travail et apport de compétences "business" chez les artistes (comptabilité, juridique, etc.). S'appuyant sur la présence historique d'acteurs pharmaceutiques, le soutien au cluster des biotechs s'est traduit par une aide financière aux start-ups (crédit-impôt, partage des coûts, venture capital, etc.) et la mise à disposition de locaux et de compétences de gestion. De plus, la recherche a été soutenue par des programmes fédéraux et locaux. 1,4 Mds$ sont investis chaque année par le NIH8 et 5 incubateurs publics financent annuellement une quarantaine de start-ups. Grâce à l'ensemble de ces actions, New York est devenu le 3ème cluster de biotechnologies des Etats-Unis. En 2013, la Ville de New-York a souhaité poursuivre la stratégie engagée en 2001 en se concentrant sur 4 axes stratégiques transverses : la qualité de vie, l'environnement pro-business, les infrastructures de transport et un soutien à l'innovation. La stratégie de la ville de New York est portée par une gouvernance économique adaptée autour d'un partenariat public / privé entre le département économique de la mairie de New York et l'association New York City Economic Development Corporation en lien avec les autres agences publiques.